Face aux dégâts du 23 octobre sur la ligne ferroviaire entrainant sa coupure jusqu'au 30 novembre, la Ville de Montpellier et Montpellier méditerranée métropole insistent sur l'urgence de la réalisation de la LNMP (ligne nouvelle Montpellier - Perpignan)


Publié le 31/10/2019
gare montpellier

Hier, mercredi 30 octobre 2019, Philippe SAUREL, Maire de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole, a mis en évidence, eut égard aux dégâts constatés sur la ligne ferroviaire actuelle à l'ouest de Montpellier, la situation d'urgence dans laquelle se trouve la desserte ferroviaire de l'axe languedocien entre la vallée du Rhône et l'Espagne et la nécessité d'engager la réalisation de la LNMP (Ligne nouvelle Montpellier - Perpignan).

Les dates clés de la ligne nouvelle montpellier - perpignan

- En 1995, les accords de Madrid actent la construction et l'exploitation de la section internationale d'une ligne ferroviaire le long de la façade méditerranéenne entre la France et l'Espagne pour assurer la liaison Montpellier - Barcelone, 
- Le 17 octobre 2013 :  la commission européenne confirme le caractère prioritaire du réseau européen de transport dont la ligne nouvelle Montpellier - Perpignan constitue un barreau Nord-Sud, 
- En avril 2015 : RFF (devenue SNCF Réseaux) organise une large concertation sur le tracé, 
- Le 29 janvier 2016, une décision ministérielle confirme la mixité de la ligne, approuve le tracé, fixe le coût du projet à 5, 52 milliards d'euros et prépare le Dossier d'Utilité Publique, 
- En 2016 : l'Observatoire de la saturation ferroviaire confirme que la ligne ferrée historique est l'une des plus saturées du réseau national entre Nîmes et Béziers, avec de nombreux dysfonctionnements constatés,
- Le 1er février 2017 : une décision ministérielle est prise pour engager la première phase de la LNMP et notamment le segment Montpellier-Béziers pour un montant de 1,855 milliards d'euros,
- Fin 2017 : une nouvelle décision ministérielle vient mettre un coup d'arrêt au projet en prévision des Assises de la Mobilité et de l'adoption de la LOM
 (Loi d'Orientation sur les Mobilités).

Aujourd'hui, les intempéries du 23 octobre dernier ont rappelé l'état de dégradation dans lequel se trouve la ligne ferrée actuelle puisque cette dernière est coupée dans la section Sète - Béziers et ce, jusqu'au 30 novembre prochain d'après la SNCF. 
Cette situation présente un risque tant sanitaire que sécuritaire. De plus, en imposant une interruption du trafic ferroviaire pendant plus d'un mois, l'ouest du croissant languedocien et l'Espagne se retrouvent isolés de Montpellier et des grands axes de communication nationaux et européens, ce qui pénalise l'attractivité économique et écologique de ces territoires.

En 2016, l'Observatoire de la saturation ferroviaire commandé par l'Etat au Conseil général de l'Environnement et du Développement durable (CGEDD) avait déjà souligné l'état de cette ligne ferroviaire, état qui fragilisait son exploitation et ce d'autant plus que la section Montpellier - Béziers est l'une des plus saturées du réseau national. 

Pourquoi est-il urgent de réaliser la LNMP notamment dans sa phase 1, montpellier - béziers

Grâce au « doublet de lignes » qu’elle forme avec la ligne historique, la LNMP a le double avantage d'offrir une mixité frêt plus voyageurs et une mixité Grande vitesse avec les trains du quotidien et les Intercités (Bordeaux-Marseille). La construction de la phase 1 (Montpellier-Béziers) est l'un des grands projets d'infrastructures les moins chers avec un investissement de 1,855 milliards d'euros.

Rapportée au nombre de voyageurs attendus, elle est le projet d’investissement public ferroviaire le plus rentable, tous critères confondus. Inscrite au réseau prioritaire des lignes européennes, elle répond à une urgence constatée par l’Observatoire de la saturation ferroviaire qui a conclu en 2016 que la ligne existante entre Montpellier et Béziers est l’une des plus saturée au niveau national, source de dysfonctionnements, de retards et de surcoûts d’exploitation, y compris pour SNCF-Réseau, notamment en raison du Pont amovible de Sète dont l’obsolescence ne permet plus de fiabiliser son exploitation.
Fort de ce constat, la LNMP permet de libérer des sillons sur la ligne classique pour les trains du quotidien, sachant que ces trains sont aujourd’hui les premiers pénalisés en matière de service offert, de coût d’exploitation et de développement.

Aujourd'hui, les gares Montpellier-Sud de France et Montpellier St Roch sont déjà dimensionnées pour accueillir l’augmentation des trains sur le doublet de lignes à l’ouest de Montpellier et l’Etat Espagnol a par ailleurs livré la ligne nouvelle à l’écartement international jusqu’à la frontière française depuis plusieurs années en temps et en heure.

Enfin, la Commission européenne a mis en demeure l’Etat Français de respecter les normes-plafond de la qualité de l’air, or sur le territoire, les dépassements de seuils sont principalement dus aux camions qui évoluent sur l’axe Vallée du Rhône à Espagne, via l’A9, faute d’une ligne fret ferroviaire performante on constate régulièrement déjà que : « les péages de Montpellier enregistrent le passage de 16 000 poids lourds par jour soit environ 4 fois le trafic moyen des autoroutes françaises » (rapport ASF 2017).

Face à ces constats, la construction de la ligne nouvelle Montpellier - Perpignan est indispensable pour accompagner le développement économique, démographique et touristique du territoire.

Au regard de ces constats, la Ville de Montpellier et Montpeller Méditerranée Métropole appellent aujourd'hui à :

- inscrire le premier tronçon (Montpellier - Béziers) dans la programmation nationale issue de la LOM (loi d'orientation sur les mobilités) à une échéance convenable,

- relancer sans tarder les études de constitution de son dossier d'enquête publique,

- remettre en place une commission pour définir son plan de financement entre l'Etat, SNCF-Réseau, les départements et intercommunalités concernées (Métropole, Communauté urbaine et Communautés d'agglomération), pièce constitutive du dossier d'enquête publique, en tenant compte des financements européens envisageables compte-tenu de l'intégration de cette ligne au réseau prioritaire européen RTE-T.



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